Nicolas Bertrand – « Clitiques et quasi-clitiques dans la phrase grecque : la « deuxième position » entre domaines syntaxiques et domaines prosodiques. »
Eric Dieu – « Facteurs morphologiques, phonétiques et sémantiques en matière d’accentuation grecque : le cas des noms masculins en -tês. »
L’accentuation des noms en -tês est bien connue pour sa complexité : l’accentuation originelle de ces noms a subi, en effet, des influences analogiques telles qu’il est souvent plus aisé d’établir des règles valables synchroniquement que des lois diachroniques. On s’efforcera, dans cet exposé, de mettre en évidence les différents facteurs qui régissent cette accentuation, en s’interrogeant notamment sur le rapport entre les lois diachroniques et les règles synchroniques : on analysera ainsi les facteurs morphologiques et dérivationnels, les facteurs phonétiques (y a-t-il une loi phonétique de recul de l’accent dans les finales iambiques ?) ou à la frontière entre la phonétique et la morphologie, ainsi que les facteurs sémantiques (certains micro-systèmes lexicaux ont pu connaître une extension analogique d’une accentuation particulière, pour des raisons qu’il conviendra de déterminer).
Emmanuel Dupraz – « Relatifs et anaphoriques dans les langues sabelliques : organisation morphologique et visée communicative. »
Les langues sabelliques possèdent deux grammèmes relatifs *pi- et *poy-, correspondant respectivement aux grammèmes latins quis et qui, et, parmi leurs démonstratifs, deux grammèmes purement anaphoriques, dont l’un, *i-, correspond au grammème latin is, et dont l’autre a pour thème *oyso- et n’a pas de correspondant latin. L’hypothèse a été émise que le grammème *oyso- s’est constitué en sabellique commun, à une date récente, d’après le grammème *poy-, car ce dernier a en sabellique des formes en *poyso-. Ainsi, *oyso- serait à *poyso- comme *i- est à *pi-. Le but de la présente communication est d’examiner les emplois préhistoriques qui ont pu rendre possible cette analogie et, en synchronie, de définir les emplois attestés pour *i-, *oyso-, *pi- et *poy-/*poyso-.
Claire Le Feuvre – « Les aèdes ioniens avaient-ils perdu l’oreille ? »
Il s’agit de montrer comment, dans l’épopée homérique, les figures stylistiques peuvent servir de marqueurs dialectaux et chronologiques, en signalant l’origine ionienne, éolienne, ou dans certains cas « achéenne » de formules ou de vers donnés, voire de séquences supérieures à un vers, et nous aider parfois à retrouver une strate plus ancienne sous le texte transmis. Ce qui pose la question du traitement de ces faits par les aèdes ioniens : sur quels critères ont-ils conservé ou non ces figures, parfois altérées jusqu’à être perdues ?
Daniel Petit – « Accent et intonation: le modèle lituanien chez Ferdinand de Saussure »
L’accentuation lituanienne occupe une place importante dans l’œuvre publiée de Ferdinand de Saussure puisqu’il y a consacré deux articles toujours fondamentaux (1894 et 1896). L’intérêt de Saussure pour ces problèmes peut s’expliquer en partie par la vivacité des débats qui occupaient précisément à cette époque les indo-européanistes sur la question des accents et des intonations du lituanien. On peut montrer que Saussure a suivi tour à tour trois modèles descriptifs et explicatifs : d’abord, le modèle de Schleicher (1856), adopté par Saussure dans le Mémoire (1878) ; puis le modèle de Kurschat (1876), adopté par Saussure dans le courant des années 1880 ; et enfin le modèle de Baranowski (1882), adopté par Saussure explicitement dans son article de 1894. L’exposé a pour but de présenter l’influence qu’ont eue ces modèles sur le développement par Saussure de son propre modèle, extrêmement original à son époque, et dont la portée n’a été révélée que dans les années 1970. Il est frappant de constater que, sur la question des paradigmes accentuels, développée dans son article de 1896, Saussure s’abstienne de prendre parti désormais entre Kurschat et Baranowski (le modèle de Schleicher étant alors définitivement dépassé) et se concentre désormais sur les effets d’une loi phonétique d’attraction accentuelle qu’il vient de découvrir et qui est restée dénommée depuis lors comme « loi de Saussure ».
Renaud Viard - « Pisthétairos ou le Prométhée déchaîné. Réflexions sur la structure de la fin des Oiseaux d’Aristophane à la lumière d’un texte de Freud. »